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Épaule et sport : comprendre les blessures et savoir quand consulter

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L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps. Cette mobilité a une contrepartie : elle tient surtout grâce aux muscles et aux ligaments, et elle est la plus exposée aux instabilités. Cet article décrit les blessures que l’on rencontre chez les sportifs et ce qui doit amener à consulter. Il ne propose pas de programme d’exercices : ils dépendent du sport et de la personne, et se construisent mieux avec un kinésithérapeute ou un médecin du sport.

Ce qui maintient l’épaule en place

Deux systèmes se complètent :

  • les structures passives : le bourrelet glénoïdien (un anneau de fibrocartilage qui approfondit la cavité de l’omoplate), la capsule de l’articulation et les ligaments ;
  • les structures actives : les muscles de la coiffe des rotateurs, le long biceps et le deltoïde.

Une blessure atteint l’un ou l’autre de ces systèmes.

Les blessures les plus souvent rencontrées

Luxation et instabilité

Une luxation survient typiquement lors d’une chute sur le bras écarté du corps, avec rotation vers l’extérieur, ou d’un choc direct sur l’épaule, comme dans les sports de contact. Le bourrelet se décolle alors de l’os (lésion de Bankart).

Après une première luxation, l’épaule peut rester instable. Les facteurs qui augmentent le risque de récidive sont un âge jeune au premier épisode (avant 20-25 ans, le risque de récidive est élevé sans traitement), le nombre de luxations déjà survenues, la pratique d’un sport de contact ou bras levé, et l’importance des lésions osseuses. Chaque nouvelle luxation peut aggraver les lésions.

Chez certaines personnes, une laxité naturelle des tissus permet à l’épaule de se déplacer dans plusieurs directions, sans traumatisme important. Elle touche souvent les deux épaules, plutôt des femmes jeunes, et les gestes répétés bras levé.

Atteinte de la coiffe des rotateurs

Les activités répétées bras levé font partie des facteurs favorisants des lésions de la coiffe, avec le tabac, le diabète, l’excès de cholestérol et la forme de l’acromion. Une rupture peut aussi être provoquée par une chute ou un effort violent. Beaucoup de ruptures liées à l’âge ne provoquent aucun symptôme et n’imposent pas d’opération.

Lésion du bourrelet supérieur (SLAP)

Le bourrelet peut se décoller en haut, là où s’attache le long biceps. Chez le sportif, l’adaptation du geste et de l’activité fait partie du traitement non chirurgical.

Coude

Pour le coude, voir l’article sur l’épicondylite : les sports de raquette, le golf et l’escalade sont des facteurs connus.

Ce que l’on peut faire

Il n’existe pas de recette simple. Voici ce qui est utilisé en pratique après une première blessure ou en cas de gêne :

  • la rééducation : renforcement des muscles de la coiffe, travail des muscles qui stabilisent l’omoplate, proprioception (le contrôle de la position de l’épaule) ;
  • l’adaptation des activités : éviter temporairement les gestes ou positions qui provoquent la gêne ;
  • la modification technique chez le sportif : repositionnement du geste, équipement de protection.

Quand consulter

  • Une épaule qui s’est luxée ou qui se déboîte, même si elle est revenue en place.
  • Une chute ou un effort violent suivi de douleur et d’une perte de force du bras. Dans les ruptures de la coiffe d’origine traumatique, les résultats sont meilleurs si l’on opère tôt : il vaut mieux consulter sans attendre.
  • Des douleurs nocturnes qui persistent ou augmentent au lieu de diminuer.
  • Une gêne qui ne cède pas malgré un repos et une adaptation de l’activité.

Une douleur qui disparaît à l’arrêt du sport n’est pas pour autant sans signification. À l’inverse, une anomalie vue à l’IRM n’impose pas d’opération : c’est l’examen clinique qui décide, avec l’imagerie, votre âge, votre activité et ce que vous souhaitez.

Reprendre le sport après une opération

Le délai dépend du geste réalisé et de l’évolution. En règle générale, la natation et le vélo sont autorisés plus tôt que les sports de contact ou de lancer. À titre d’ordre de grandeur, d’après les consignes que je donne :

  • après une suture de coiffe, le sport engagé est repris vers 6 mois ;
  • après une stabilisation de l’épaule, les sports qui utilisent l’épaule sont repris vers 4 mois et demi, et le niveau de performance vers 6 mois ;
  • après une chirurgie du coude pour épicondylite, le retour au sport se fait entre 3 et 6 mois.

Ces repères varient selon les patients. La date de reprise est fixée lors de la consultation de contrôle.

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