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Ténotomie du long biceps

Durée : Variable, souvent associée à un autre geste
Hospitalisation : Ambulatoire
Récupération : Variable selon le geste associé
Anesthésie : Générale + bloc interscalénique

Le long biceps est l’un des deux tendons qui attachent le biceps à l’épaule. Il naît du bourrelet glénoïdien supérieur (l’anneau de fibrocartilage qui borde la glène), traverse l’articulation puis descend dans une gouttière de l’humérus. Quand il est inflammatoire, abîmé ou instable, il peut devenir une source importante de douleur.

Deux gestes permettent de le traiter, le plus souvent sous arthroscopie :

  • la ténotomie : le tendon est sectionné à son insertion sur le bourrelet, sans réinsertion ;
  • la ténodèse : le tendon est sectionné puis réattaché sur l’humérus (dans la gouttière ou sous le muscle pectoral).

Le geste est réalisé seul ou, plus souvent, en même temps qu’une autre intervention de l’épaule, par exemple une suture de coiffe.

Quand on l’envisage

  • Tendinopathie chronique du long biceps qui résiste au traitement non chirurgical (infiltrations, rééducation).
  • Lésion SLAP (décollement du bourrelet supérieur, là où s’ancre le biceps), notamment chez les patients de plus de 40 ans ou quand la lésion est ancienne : réparer un bourrelet dégénéré donne des résultats moins prévisibles, et traiter le biceps, source de traction et de douleur, est souvent préféré.
  • Tendon instable, qui sort de sa gouttière.
  • Geste associé à une suture de coiffe.

Aucune de ces situations n’impose l’opération d’emblée : les traitements non chirurgicaux sont d’abord essayés, et une anomalie du biceps à l’imagerie n’est pas à elle seule une indication.

Ma pratique

Lors d’une suture de coiffe, je traite quasi systématiquement le long biceps. Je le considère comme un tendon accessoire, source fréquente de douleur et d’échec de la réparation. Je préfère la ténodèse à la simple ténotomie, parce que le signe de Popeye est rare après une ténodèse. Chez le patient de plus de 40 ans avec une lésion SLAP, je préfère traiter le biceps plutôt que réparer le bourrelet ; cet âge est un repère, pas une règle absolue : l’activité du patient et l’état du bourrelet vu en arthroscopie comptent aussi. D’autres chirurgiens procèdent autrement.

Déroulement

  • Anesthésie : générale, associée à un bloc interscalénique (un cathéter nerveux qui endort le bras).
  • Voie d’abord : arthroscopie, par de petites incisions.
  • Geste : le tendon est repéré puis sectionné à son insertion. En cas de ténodèse, il est ensuite réattaché sur l’humérus.
  • Durée et mode : variables. Le geste est court quand il est isolé, et il s’ajoute à la durée de l’intervention principale quand il est associé. L’intervention est réalisée en ambulatoire.

Ce qu’on peut en attendre

Le but est de soulager la douleur venant du tendon. Après une ténotomie ou une ténodèse isolée, la récupération est en général plus courte qu’après une réparation du bourrelet : l’immobilisation est de 2 à 3 semaines et les activités reprennent en général à 2-3 mois. Quand le geste est associé à une suture de coiffe, ce sont les suites de la coiffe qui s’appliquent.

Limites et risques

  • Signe de Popeye : le ventre du muscle biceps se rétracte vers le bas du bras, ce qui change le relief du biceps. Le risque est rare après une ténodèse ; il est plus élevé après une ténotomie, surtout chez les sujets jeunes et musclés. La déformation est surtout esthétique ; elle doit être expliquée avant l’opération.
  • Perte de force en rotation de l’avant-bras (supination) : décrite, en général minime au quotidien.
  • Douleur persistante : si le biceps n’était pas la seule cause de la douleur (une lésion de la coiffe ou une autre atteinte coexistent souvent), la douleur peut persister.
  • Raideur de l’épaule après l’opération.
  • Complications rares : infection, hématome, lésion nerveuse.

Suites opératoires

Pour un geste isolé, l’immobilisation est plus courte qu’après une réparation du bourrelet : 2 à 3 semaines, puis mobilisation progressive. La rééducation suit un protocole plus court, avec une récupération fonctionnelle en général obtenue vers 2-3 mois. Associé à un autre geste, le geste sur le biceps suit le calendrier de l’intervention principale.

La douleur est modérée au début. Le glaçage et les antalgiques pris régulièrement aident, comme pour toute arthroscopie de l’épaule.


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