Capsulite rétractile (épaule gelée)
Symptômes
- Raideur progressive
- Douleur nocturne intense
- Limitation de tous les mouvements
- Difficulté à s'habiller
Traitements
- Antalgiques et anti-inflammatoires
- Infiltrations de corticoïdes
- Rééducation douce et auto-étirements
La capsulite rétractile, ou « épaule gelée », est une inflammation de la capsule articulaire (l’enveloppe fibreuse qui entoure l’articulation), suivie de sa rétraction. Elle limite mécaniquement tous les mouvements de l’épaule. L’épaule se « gèle » progressivement, puis « dégèle » spontanément, sur une période longue.
Évolution
La capsulite suit classiquement trois phases :
- Phase inflammatoire (douloureuse) : douleur intense, souvent nocturne, avec une raideur croissante. C’est la phase la plus douloureuse.
- Phase de raideur, ou « gel » : la douleur diminue, la raideur domine. Les mouvements sont limités dans toutes les directions, ce qui complique s’habiller, se coiffer ou attacher une ceinture.
- Phase de récupération, ou « dégel » : la mobilité revient progressivement. La guérison est la règle, mais le délai est long et une légère raideur résiduelle est possible.
Les limites entre ces phases sont floues : elles se chevauchent et leur durée varie beaucoup d’une personne à l’autre. Il n’y a pas de calendrier précis à attendre. L’ensemble dure de l’ordre d’un à deux ans, avec de grandes variations.
Causes et facteurs de risque
La capsulite est souvent idiopathique, c’est-à-dire sans cause retrouvée. Elle peut aussi apparaître après un traumatisme, après une chirurgie de l’épaule ou une immobilisation prolongée, ou dans le cadre d’une maladie générale. Le diabète multiplie le risque par cinq ; les maladies de la thyroïde, le sexe féminin et l’âge entre 40 et 60 ans le favorisent aussi.
Diagnostic
Le diagnostic est essentiellement clinique. L’examen compare les deux épaules et retrouve une limitation douloureuse de tous les mouvements, aussi bien quand vous bougez seul que quand le mouvement est fait pour vous. La limitation de la rotation externe passive est le signe principal.
L’imagerie sert surtout à écarter une autre cause de raideur (arthrose, rupture de coiffe étendue). La radiographie est normale ou montre une déminéralisation. L’IRM peut montrer un épaississement de la capsule. Une imagerie normale n’exclut pas la capsulite : une raideur débutante peut déjà faire mal, notamment la nuit, avant d’être visible sur les examens, et se révéler à l’occasion d’un geste banal. Quand la raideur est prise en charge tôt, l’écart avec l’épaule saine est moindre et la récupération est en général plus facile.
Traitement
La capsulite se traite par la rééducation, jamais par une opération.
- Antalgiques et anti-inflammatoires pour les poussées.
- Infiltrations de corticoïdes : elles peuvent réduire l’inflammation en phase inflammatoire et aider la récupération. Elles sont faites sous échographie ou radiographie par un radiologue ou un médecin du sport. Elles ne guérissent pas la capsulite.
- Rééducation : étirements doux et progressifs, qui respectent le seuil de douleur. Il ne faut jamais forcer en phase inflammatoire. Les auto-étirements à domicile comptent autant que les séances de kinésithérapie, et la régularité compte plus que l’intensité.
- Balnéothérapie : elle peut aider à chaque phase, la chaleur de l’eau facilitant le mouvement. Une série de 15 à 30 séances est généralement prescrite, renouvelable.
La douleur de la nuit sert de repère pour doser l’activité de la journée. Si vous avez mal la nuit, une activité de la veille ou une séance a probablement été trop forte. Si un exercice déclenche une douleur qui dure plus de 24 heures, vérifiez d’abord le repos global et la prise des antalgiques, puis réduisez l’amplitude en gardant le rythme. Évitez les interruptions prolongées.
Je dis dès le début aux patients que l’évolution est lente et variable d’un patient à l’autre (de l’ordre d’un à deux ans), pour que le traitement soit suivi dans la durée.
Capsulite et chirurgie de l’épaule
La capsulite est une complication possible après une chirurgie de l’épaule, surtout quand l’épaule était déjà raide avant l’intervention. C’est pourquoi je vérifie systématiquement la souplesse avant d’opérer, et si une raideur est détectée, je la traite d’abord, au risque sinon d’aggraver la situation.
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