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Rééducation de la capsulite rétractile

La capsulite rétractile, ou « épaule gelée », se traite par la rééducation, sans opération. Le but est simple à énoncer et long à atteindre : récupérer toute la souplesse de l’épaule, jusqu’à ce qu’elle bouge comme l’autre. Tant que l’épaule reste bloquée, elle reste douloureuse. C’est en se débloquant qu’elle cesse de faire mal.

Une évolution lente et variable

L’évolution se compte en mois, de l’ordre d’un à deux ans au total, avec de grandes différences d’une personne à l’autre. On décrit souvent une période plus douloureuse, puis une période où la raideur domine, puis une récupération, mais ces étapes se chevauchent et ne suivent pas de calendrier. La rééducation, elle, ne change pas de nature en cours de route : ce sont toujours les mêmes principes, dont on adapte la dose à la douleur.

Une raideur prise tôt, encore peu marquée, se récupère en général plus facilement qu’une raideur installée. Attendre en supportant la douleur fait souvent perdre du temps : l’épaule se bloque davantage et la récupération devient plus difficile.

S’étirer, sans forcer

Une épaule raide est très sensible. Quand on la force, elle fait mal, et plus elle fait mal, en particulier la nuit, plus elle a tendance à se bloquer. Forcer pour gagner quelques degrés va donc à l’encontre de ce que l’on cherche.

La rééducation que je propose repose sur des étirements. C’est en étirant régulièrement l’épaule, jour après jour, que la capsule finit par céder, de la même façon qu’on gagne en souplesse par un travail répété plutôt que par un effort ponctuel. Plusieurs courtes séances par jour, à domicile, valent mieux qu’une longue séance qui fait mal. La régularité compte plus que l’intensité.

Les auto-étirements à la maison comptent autant que les séances de kinésithérapie. Le kinésithérapeute guide, corrige et accompagne, mais le déblocage vient surtout de ce travail quotidien.

Si un exercice provoque une douleur qui persiste plus de 24 heures, ne forcez pas. Vérifiez d’abord le repos général et la prise des antalgiques. Réduisez ensuite l’amplitude si nécessaire, en gardant le même rythme, et évitez les interruptions prolongées.

La douleur de la nuit comme repère

Les douleurs de la nuit reflètent ce que l’épaule a subi pendant la journée. C’est le repère le plus utile pour doser son activité :

  • pas de douleur la nuit : vous pouvez continuer ce que vous faites, et même essayer d’en faire un peu plus ;
  • douleur la nuit : quelque chose dans la journée a été de trop pour l’épaule, même si vous avez l’impression d’avoir peu fait.

Ce n’est pas seulement le bras qui compte. Une journée chargée, beaucoup de marche ou de station debout peuvent suffire à réveiller la douleur la nuit suivante. Ce lien n’est pas évident au début, mais il se vérifie avec le temps.

Plutôt qu’une liste d’interdits, je préfère cette règle : adapter les activités de la journée à la douleur de la nuit. Elle vaut pour la vie quotidienne, la conduite ou le travail. À mesure que l’épaule se débloque, vous pouvez faire de plus en plus de choses sans avoir mal.

Le même repère s’applique aux séances de kinésithérapie. Si, après chaque séance, la nuit suivante est de plus en plus douloureuse, ce n’est pas bon signe : parlez-en au kinésithérapeute et à votre médecin, pour réduire l’intensité. Ce n’est pas la kinésithérapie qui est en cause, mais la douleur qu’elle peut provoquer quand elle est trop forte. Cela ne veut pas dire arrêter la rééducation : l’épaule ne se débloque pas toute seule.

Le repos fait partie du traitement

On conseille souvent de rester actif. Pour une épaule raide et douloureuse, c’est plutôt l’inverse : quand la douleur est forte, la première étape est de se reposer suffisamment pour que les douleurs de la nuit diminuent. Il s’agit d’un repos global, pas seulement du bras, et de se faire aider quand c’est possible.

Ce repos est difficile à tenir, parce qu’il y a toujours des choses à faire. Mais une fois ce cap passé, les étirements deviennent plus faciles et les progrès plus rapides. À l’inverse, quand la douleur reste permanente, on progresse beaucoup plus lentement.

Ce qui accompagne la rééducation

  • Antalgiques et anti-inflammatoires pendant les périodes douloureuses : ils aident à se reposer et à continuer les étirements.
  • Infiltration de corticoïdes : elle peut réduire l’inflammation pendant la période la plus douloureuse. Elle est faite sous échographie ou radiographie par un radiologue ou un médecin du sport. Elle soulage et facilite la rééducation, mais ne la remplace pas.
  • Balnéothérapie : elle peut aider à toutes les étapes, la chaleur de l’eau facilitant le mouvement. Une série de 15 à 30 séances est généralement prescrite, renouvelable.

Suivre ses progrès

Le repère, c’est l’autre épaule. Un moyen simple de s’en rendre compte : allongé à plat sur le dos, montez les deux bras vers l’arrière, coudes bien tendus, aussi loin que possible, sans tricher. L’écart entre les deux côtés correspond à ce qui reste à récupérer. Debout, cet écart est plus difficile à apprécier.

En consultation, les amplitudes sont mesurées et comparées des deux côtés. D’une consultation à l’autre, la mesure n’est pas précise à quelques degrés près : c’est l’évolution sur plusieurs semaines qui compte.

Tant que les deux épaules ne bougent pas de la même façon, il reste des symptômes. Arrêter les étirements dès les premiers progrès expose à garder une raideur et des douleurs.

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