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L'arthroscopie de l'épaule : en quoi consiste cette intervention ?

arthroscopie épaule chirurgie

L’arthroscopie consiste à opérer l’épaule par de petites incisions, avec une caméra et des instruments fins, plutôt que par une ouverture large. Cet article explique ce que cela veut dire, dans quels cas on y a recours, et ce qu’elle ne garantit pas.

Ce que fait l’arthroscopie

Une caméra est introduite dans l’articulation par une petite incision d’environ 5 mm. Elle renvoie l’image sur un écran. D’autres incisions du même ordre (en général 2 à 4 au total) permettent de passer les instruments : pinces, fraises, ancres pour réinsérer un tendon.

L’intervention a deux temps : un bilan complet des lésions, puis le geste de traitement. Le bilan peut modifier ce qui avait été prévu d’après l’examen et l’imagerie.

Dans quels cas est-elle proposée ?

L’arthroscopie est une voie d’abord, pas une indication en soi. Elle sert à traiter plusieurs problèmes de l’épaule, par exemple :

  • la rupture de la coiffe des rotateurs (suture du tendon sur l’os) ;
  • une calcification du tendon qui résiste aux traitements non chirurgicaux ;
  • certaines lésions du bourrelet glénoïdien (SLAP) ;
  • certaines instabilités (luxations à répétition).

Dans tous ces cas, l’opération n’est pas automatique. Une anomalie vue à l’IRM, par exemple une rupture de la coiffe, ne justifie pas à elle seule une chirurgie : beaucoup de ruptures ne donnent aucun symptôme. La décision dépend de l’examen, de l’imagerie, de l’âge, de l’activité et de ce que le patient souhaite. Les traitements non chirurgicaux (rééducation, médicaments, infiltrations, adaptation des activités) sont souvent essayés d’abord, et l’abstention est parfois la bonne option.

Comment se déroule l’intervention

  • Anesthésie. En pratique, j’associe une anesthésie générale et un bloc interscalénique (un cathéter qui endort le bras). Le bloc permet une anesthésie générale plus légère et limite la douleur au réveil. D’autres équipes procèdent autrement.
  • Installation. Position demi-assise ou sur le côté, selon les habitudes du chirurgien.
  • Durée. De 45 à 90 minutes pour une suture de coiffe, selon la complexité de la lésion.
  • Hospitalisation. Pour une suture de coiffe, l’intervention se fait en ambulatoire : entrée le matin, sortie le soir. L’accord de l’anesthésiste est nécessaire et un accompagnant doit être présent au domicile le soir.

Après l’intervention

Les suites dépendent du geste réalisé. Pour une suture de coiffe, l’épaule est mise en attelle pendant environ 6 semaines. Le bras reste ensuite au repos plusieurs semaines (pas de port de charge, pas de conduite), puis la reprise des activités est progressive. Le détail figure dans la page rééducation de la coiffe des rotateurs.

Une douleur modérée est normale pendant plusieurs semaines, y compris la nuit. Le gonflement et les ecchymoses se résorbent progressivement.

Risques et limites

L’arthroscopie laisse de petites cicatrices, mais elle ne rend pas l’opération anodine. Les complications possibles sont notamment :

  • l’infection, l’hématome, une lésion d’un nerf ou d’un vaisseau, une phlébite : exceptionnelles, mais possibles ;
  • la raideur de l’épaule ;
  • l’algoneurodystrophie : une réaction du système nerveux qui rend le membre gonflé, rouge et douloureux, et qui allonge la récupération ;
  • l’échec ou la récidive, variables selon la lésion. Après une suture de coiffe, le principal risque est que le tendon ne cicatrise pas ou se rompe à nouveau.

Après une suture de coiffe, l’immense majorité des patients sont satisfaits ou très satisfaits de l’opération. Le résultat dépend aussi de l’état de l’épaule avant l’opération, du tabac, qui retarde la cicatrisation, et du respect des consignes après l’intervention.

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