Tendinopathie calcifiante de l'épaule
Symptômes
- Douleur aiguë brutale
- Douleur chronique de l'épaule
- Limitation des mouvements
- Douleur nocturne
Traitements
- Antalgiques, anti-inflammatoires et glaçage
- Ondes de choc extracorporelles
- Ponction-aspiration sous échographie
- Exérèse arthroscopique, en cas d'échec
La tendinopathie calcifiante est la formation de dépôts de calcium dans l’épaisseur des tendons de la coiffe des rotateurs. Elle touche surtout les adultes de 30 à 50 ans, plus souvent les femmes. Elle peut rester longtemps silencieuse ou provoquer des douleurs allant de la gêne modérée à des crises très intenses.
Ce qu’est une calcification
Les dépôts sont des cristaux d’hydroxyapatite de calcium. Le tendon du supra-épineux est le plus souvent atteint, mais les autres tendons de la coiffe peuvent l’être. Le mécanisme de formation reste discuté : les cellules du tendon se transforment et produisent elles-mêmes les dépôts dans des zones de souffrance, ce n’est pas un simple dépôt de calcium venu du sang.
Les quatre phases
La calcification suit un cycle :
- Formation : les cellules produisent les cristaux. Cette phase est souvent peu ou pas douloureuse.
- Repos : la calcification est constituée et stable. Elle peut être silencieuse ou provoquer des douleurs chroniques modérées, à l’effort ou bras levé.
- Résorption : l’organisme tente d’éliminer la calcification, ce qui déclenche une réaction inflammatoire intense. C’est la phase de la crise aiguë, parfois décrite comme l’une des douleurs les plus intenses.
- Cicatrisation : le tendon se reconstruit progressivement après la disparition de la calcification.
La majorité des calcifications finissent par se résorber avec le temps. Les traitements visent à soulager les symptômes et, parfois, à accélérer cette résorption.
Diagnostic
L’examen clinique recherche une douleur à la palpation du tendon et à certains mouvements (élévation, rotation). Lors d’une crise, le bras peut être impossible à bouger.
- La radiographie est l’examen de première intention. Elle identifie la calcification et précise sa taille, sa position et sa densité (dure, crayeuse, ou pâteuse, laiteuse). La densité renseigne sur la phase.
- L’échographie montre l’état du tendon et guide certains gestes.
- L’IRM sert à écarter une autre lésion associée, comme une rupture de coiffe.
Une calcification visible à la radiographie n’est pas toujours la cause de la douleur du moment. Une épaule devenue raide peut faire mal par elle-même. Tant que la raideur persiste, on commence par retrouver la souplesse, et une opération sur la calcification n’est pas envisagée.
Traitements sans chirurgie
En crise : antalgiques, anti-inflammatoires et glaçage. Une infiltration de cortisone peut être proposée, notamment lors d’une crise aiguë ou avec une ponction-aspiration.
En traitement de fond :
- Ondes de choc extracorporelles : des ondes acoustiques appliquées sur la calcification, qui peuvent favoriser sa fragmentation et sa résorption. Plusieurs séances sont nécessaires.
- Ponction-aspiration sous échographie (aussi appelée trituration ou barbotage) : une ou deux aiguilles sont introduites dans la calcification pour la fragmenter et l’aspirer. Ce geste est réalisé par un radiologue ou un médecin du sport. Il convient surtout aux calcifications pâteuses.
- Rééducation : en dehors des crises, pour garder la mobilité et renforcer la coiffe. Elle ne modifie pas l’évolution de la calcification, mais améliore l’usage de l’épaule.
Après une infiltration ou une ponction-aspiration, un repos relatif de 3 à 5 jours environ est conseillé avant de reprendre la rééducation active. Les auto-étirements doux peuvent continuer.
Quand une opération est discutée
La chirurgie reste une minorité des cas. Elle est envisagée après 6 à 12 mois de traitement bien conduit sans amélioration suffisante, ou pour une calcification dure, volumineuse, peu accessible à la fragmentation, avec une douleur invalidante. En pratique, je procède par étapes : antalgiques, puis ondes de choc, puis ponction-aspiration si besoin, puis arthroscopie si ces étapes ont échoué.
Déroulement
L’exérèse arthroscopique consiste à retirer le dépôt calcique avec une caméra et des instruments introduits par de petites incisions, avec un lavage de l’articulation. Une acromioplastie (remodelage de l’os au-dessus du tendon) est ajoutée en cas de conflit. L’anesthésie est générale, associée à un bloc interscalénique. L’intervention dure 30 à 60 minutes, en ambulatoire.
Suites
Une écharpe est portée quelques jours, sans coussin d’abduction dans la plupart des cas. La rééducation débute rapidement, selon les mêmes principes qu’après une arthroscopie d’épaule simple. La reprise des gestes courants se fait en quelques semaines, variable selon les patients.
Ce qu’on peut en attendre
Après exérèse arthroscopique, la douleur disparaît dans la grande majorité des cas, sans garantie pour un patient donné. Les risques sont ceux de toute arthroscopie de l’épaule, détaillés sur la page consacrée à cette intervention.
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