Rééducation après fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus
Phases de rééducation
Protection
S0 à S4-S6- Immobilisation en écharpe ou attelle, selon le traitement
- Mobilisation du coude, du poignet et des doigts dès le début
- Exercices pendulaires de l'épaule si le chirurgien les autorise
- Contrôle de la douleur et de l'œdème
Mobilisation
S6 à M3- Sevrage progressif de l'attelle
- Récupération des amplitudes (élévation, rotations)
- Mobilisation active aidée
- Renforcement isométrique progressif, sans charger le foyer de fracture
Renforcement
M3 à M6- Renforcement musculaire de l'épaule et du bras
- Reprise progressive des activités quotidiennes
- Reprise du sport selon la consolidation
- Contrôles radiographiques
Le traitement d’une fracture de l’humérus proximal (le haut de l’os du bras, près de l’épaule) peut être orthopédique, sans opération, ou chirurgical : fixation par plaque ou clou, ou prothèse. Le choix dépend du type de fracture (nombre de fragments, déplacement, qualité de l’os) et de la situation du patient. La rééducation s’adapte à ce traitement, et la progression est guidée par les radiographies de contrôle. Les durées ci-dessous sont des repères qui varient d’un patient à l’autre.
Phase 1 : protection (S0 à S4-S6)
Après un traitement orthopédique, le bras est immobilisé en écharpe, coude au corps, pendant 3 à 4 semaines. Les exercices pendulaires de l’épaule débutent dès que la douleur le permet, vers J10-J15 environ. Après une fixation chirurgicale, l’attelle ou l’écharpe est portée 3 à 4 semaines, et les exercices pendulaires peuvent commencer plus tôt (J3 à J7 environ) selon la solidité du montage. Après la pose d’une prothèse, le protocole est celui décrit dans la page rééducation après prothèse d’épaule.
Quel que soit le traitement, le coude, le poignet et les doigts sont mobilisés dès le début, dès le lendemain de l’intervention ou du début du traitement orthopédique. La raideur du coude ou du poignet après une fracture de l’épaule peut le plus souvent être évitée. Le glaçage, l’élévation du membre et les antalgiques réduisent la douleur et l’œdème.
Phase 2 : mobilisation (S6 à M3)
L’attelle est abandonnée progressivement. La mobilisation active aidée devient l’objectif : élévation, rotation externe, rotation interne. Le renforcement isométrique (contraction sans mouvement) commence, sans charger le foyer de fracture. Des radiographies de contrôle vérifient la consolidation et guident la progression. Chaque fracture étant différente, le rythme est individualisé.
Phase 3 : renforcement (M3 à M6)
Le renforcement musculaire est global, de l’épaule et du bras. Les activités quotidiennes reprennent peu à peu (port de charges légères, conduite). Le sport reprend en fonction de la consolidation et de la récupération. Après une fixation chirurgicale, la reprise progressive des activités se situe en général entre 3 et 6 mois.
Limites et risques
- Une fracture peut se déplacer après traitement orthopédique : c’est l’objet des radiographies régulières.
- Les complications possibles dépendent du traitement : nécrose de la tête humérale (interruption de sa vascularisation, avec évolution possible vers l’arthrose, risque plus élevé dans les fractures à quatre fragments), consolidation en mauvaise position ou absence de consolidation, infection, atteinte du nerf axillaire (souvent transitoire), algoneurodystrophie.
- Une rupture de la coiffe des rotateurs peut accompagner la fracture, surtout s’il y a eu une luxation. Elle est recherchée systématiquement, car elle se traite dans les semaines ou mois qui suivent.
- Le matériel (plaque, vis, clou) n’est pas retiré systématiquement : il l’est s’il gêne, en général au moins un an après.
Conseils pratiques
- Respectez le protocole défini par votre chirurgien : chaque fracture est différente.
- Si un exercice provoque une douleur qui dure plus de 24 heures, vérifiez d’abord le repos général et la prise des antalgiques. Réduisez ensuite l’amplitude si nécessaire, sans changer le rythme.
- La balnéothérapie peut être prescrite en complément (15 à 30 séances).
- La conduite n’est pas autorisée tant qu’une immobilisation est portée ; pour l’épaule, au moins 4 à 6 semaines. Le chirurgien valide la reprise lors du contrôle.
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