Toutes les pathologies

Rupture du tendon distal du biceps

Symptômes

  • Douleur brutale au pli du coude, parfois avec un claquement
  • Ecchymose au pli du coude et à l'avant-bras
  • Muscle du biceps remonté vers l'épaule
  • Perte de force pour tourner l'avant-bras paume vers le haut

Traitements

  • Traitement fonctionnel chez les patients peu demandeurs
  • Réinsertion chirurgicale du tendon, idéalement dans les premières semaines
  • Rééducation progressive

Le biceps est le muscle de la face avant du bras. En haut, il s’attache à l’épaule par deux tendons, le long et le court biceps. En bas, il se termine par un seul tendon, le tendon distal, qui passe au pli du coude et s’attache sur un relief du radius, la tubérosité bicipitale. Une expansion fibreuse de ce tendon, le lacertus fibrosus, s’étale vers la face interne de l’avant-bras.

Le biceps fléchit le coude, mais c’est surtout le principal muscle qui tourne l’avant-bras paume vers le haut (la supination) : tourner une clé, visser, porter un plateau. Un autre muscle, le brachial, fléchit aussi le coude et reste intact en cas de rupture du biceps.

La rupture du tendon distal est un arrachement du tendon de son attache sur le radius. Elle est le plus souvent complète. Elle est différente de la rupture du long biceps à l’épaule, beaucoup plus fréquente, bien tolérée et rarement réparée.

Causes et facteurs favorisants

La rupture survient typiquement lors d’un effort brutal contre une charge lourde, coude plié, quand le biceps se contracte en freinant le mouvement : retenir une charge qui tombe, soulever un objet lourd, un geste sportif en force. Elle touche surtout l’homme entre 40 et 60 ans, le plus souvent du côté dominant.

Le tabac, les produits anabolisants et une souffrance préalable du tendon sont des facteurs favorisants.

Il existe aussi des ruptures partielles, où une partie seulement du tendon est arrachée. Elles se manifestent plutôt par une douleur progressive au pli du coude, à l’effort, sans traumatisme net.

Diagnostic

Les symptômes :

  • douleur brutale au pli du coude au moment de l’effort, parfois avec une sensation de claquement ;
  • ecchymose (bleu) du pli du coude et de la face interne de l’avant-bras dans les jours qui suivent ;
  • déformation du bras : le muscle du biceps remonte vers l’épaule et forme une boule plus haute qu’à l’habitude ;
  • perte de force, surtout pour tourner l’avant-bras paume vers le haut, et à un moindre degré pour fléchir le coude ;
  • la douleur diminue souvent vite, ce qui peut faire sous-estimer la lésion.

L’examen : le tendon n’est plus palpable au pli du coude. Le test du crochet (le médecin essaie d’accrocher le tendon avec son index sous le pli du coude, coude fléchi) est un test simple et fiable : le tendon ne peut pas être accroché quand il est rompu. La force de supination est comparée à celle de l’autre côté. Quand le lacertus fibrosus est resté intact, il retient le tendon et limite sa remontée : la déformation est alors moins visible et le diagnostic plus difficile.

L’imagerie :

  • les radiographies écartent une fracture ou un arrachement osseux ;
  • l’échographie et l’IRM confirment la rupture, distinguent une rupture complète d’une rupture partielle, mesurent la rétraction du tendon et apprécient sa qualité.

L’imagerie ne doit pas retarder la prise en charge : le délai compte pour la réparation.

Traitement sans chirurgie

Il est possible. Le coude garde une flexion fonctionnelle grâce au muscle brachial, et la douleur disparaît en quelques semaines. En revanche, il persiste en général :

  • une perte durable de force et d’endurance en supination (tourner l’avant-bras paume vers le haut) ;
  • une perte de force en flexion, moins marquée ;
  • parfois des crampes du biceps à l’effort ;
  • la déformation du bras.

Il est proposé aux patients peu demandeurs en force, en particulier du côté non dominant, ou quand l’état de santé fait préférer d’éviter une intervention. Il associe repos initial, puis rééducation pour récupérer les amplitudes et renforcer les autres muscles.

Dans les ruptures partielles, le traitement sans chirurgie est proposé en premier : repos relatif, adaptation des efforts, rééducation. La chirurgie est discutée si la douleur persiste après plusieurs mois.

Quand une opération est discutée

La réinsertion du tendon est proposée aux patients actifs, aux travailleurs manuels, aux sportifs, et à ceux qui souhaitent récupérer la force de rotation de l’avant-bras, en particulier du côté dominant.

Le délai compte. Dans les premières semaines, le tendon peut en général être réinséré directement sur le radius. Au-delà, il se rétracte et cicatrise dans une mauvaise position, ce qui rend la réparation plus difficile ; dans les ruptures anciennes, une greffe de tendon peut être nécessaire pour combler le défaut. En pratique, quand la réparation est indiquée, je préfère opérer dans les premiers jours ou les premières semaines après la rupture.

Déroulement

Le tendon est réinséré sur la tubérosité du radius, son attache d’origine. Selon les techniques, l’intervention se fait par une seule incision au pli du coude, ou par deux incisions (à l’avant et à l’arrière de l’avant-bras). Le tendon est fixé à l’os par un petit implant (bouton appuyé sur l’os, ancre, vis) ou par des fils passés dans l’os.

  • Anesthésie : générale ou locorégionale, avec un bloc du membre supérieur.
  • Durée : 45 à 90 minutes, le plus souvent en ambulatoire.

Le détail de l’intervention est décrit dans la page Réparation du tendon distal du biceps.

Suites

  • Jusqu’à 6 semaines : protection du tendon, mobilisation du coude encadrée, pas de port de charge ni d’effort contre résistance.
  • De 6 semaines à 3 mois : travail actif, puis renforcement progressif sans charge lourde.
  • De 3 à 6 mois : renforcement en force, reprise des travaux de force et du sport.

L’arrêt de travail va de quelques semaines pour un travail de bureau à 3 ou 4 mois pour un travail de force.

Ce qu’on peut en attendre

Après une réparation précoce, la plupart des patients récupèrent une force proche de celle de l’autre côté et un usage normal du coude. Une petite perte d’amplitude en rotation ou en fin d’extension est possible. Les résultats sont en général moins bons dans les ruptures anciennes. Cela ne vaut pas pour tous les patients.

Limites et risques

  • Atteinte d’une branche sensitive de la peau (nerf cutané latéral de l’avant-bras) : engourdissement de la face externe de l’avant-bras. C’est la complication la plus fréquente ; elle est le plus souvent temporaire.
  • Atteinte de la branche profonde du nerf radial : faiblesse de l’extension des doigts, rare, en général temporaire.
  • Ossifications autour du coude, pouvant limiter la rotation de l’avant-bras : rares.
  • Nouvelle rupture : rare, le plus souvent lors d’un effort trop précoce.
  • Raideur du coude : limitée par la mobilisation précoce.
  • Infection, hématome : exceptionnels.

Pour aller plus loin

Une question ? Besoin d'un avis médical ?

Prendre rendez-vous

Vous avez une question ?

La FAQ rassemble les réponses aux questions que les patients posent le plus souvent.

Voir toutes les questions