Stabilisation d'épaule
Après une première luxation, l’épaule peut rester instable : le bourrelet glénoïdien (l’anneau de fibrocartilage qui entoure la glène, la cavité de l’omoplate) s’est décollé, parfois avec une perte d’os. L’épaule se luxe alors de nouveau, ou donne une sensation d’appréhension dans certaines positions. Cette page présente les opérations de stabilisation de l’instabilité antérieure (vers l’avant), la plus fréquente. L’instabilité postérieure et l’instabilité sur hyperlaxité sont décrites sur la page Instabilité de l’épaule.
Faut-il opérer ?
Pas toujours, et pas tout de suite. La rééducation de stabilisation (renforcement de la coiffe et des muscles de l’omoplate, apprentissage du verrouillage musculaire) est le premier traitement dans beaucoup de situations, en particulier après une première luxation chez un patient peu sportif ou âgé. Elle ne répare pas un bourrelet décollé : chez un patient jeune avec une lésion de Bankart confirmée, le risque de nouvelle luxation sans chirurgie est élevé. Chaque luxation peut aggraver les lésions.
La chirurgie se discute après des luxations répétées malgré une rééducation bien conduite, ou devant une appréhension invalidante. Elle n’est pas urgente : c’est une opération de confort. Mais attendre n’est pas neutre, car chaque nouvelle luxation peut agrandir les lésions osseuses et rendre la chirurgie plus lourde. Le choix de la technique dépend de l’imagerie (arthro-IRM ou arthro-scanner), de la perte osseuse éventuelle, de l’âge et de l’activité du patient.
Les techniques
- Bankart arthroscopique : réinsertion du bourrelet décollé sur la glène avec des ancres. Elle convient à une lésion isolée, sans perte osseuse notable, chez un patient jeune.
- Trillat arthroscopique : repositionnement de la coracoïde pour créer un effet « hamac » avec le tendon conjoint, sans transfert osseux sur la glène. Proposé dans l’instabilité antérieure récidivante sans perte osseuse majeure.
- Latarjet : transfert de la coracoïde sur le bord antérieur de la glène, fixée par deux vis, à ciel ouvert. Il est indiqué en cas de perte osseuse importante, de récidive après Bankart, de lésion humérale qui s’engage, ou de sport très sollicitant.
Les chirurgiens ne font pas tous les mêmes choix entre ces techniques. Mes choix, expliqués sur chaque page, sont les miens.
Points communs
- Anesthésie et mode : anesthésie générale avec bloc interscalénique (cathéter nerveux laissé 3 jours à domicile) ; intervention ambulatoire, avec l’accord de l’anesthésiste.
- Suites : attelle avec coussin d’abduction jusqu’à 1 mois ; pas de charge, de sport ni de conduite ; mobilité progressive de 1 à 3 mois ; renforcement musculaire à partir de 3 mois ; sports qui sollicitent l’épaule souvent vers 4,5 mois ; performance vers 6 mois. Ces délais varient selon les patients.
- Risques : complications rares (infection, hématome, lésion nerveuse ou vasculaire, rupture de matériel, phlébite) ; récidive de l’instabilité (aucune technique ne garantit une stabilité absolue) ; raideur, surtout en rotation externe ; algoneurodystrophie, qui allonge la récupération de 18 mois en moyenne. Les risques propres à chaque technique figurent sur sa page.
Pour aller plus loin
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